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Ouvrez mon grimmoire et parcourrez mes pages... pleines de mes projets, mes pensées et sentiments, mes moments de bonheurs, pleines de moi-même.

N'hésitez pas à laisser l'un ou l'autre commentaire, tant qu'ils ne sont pas de la méchanceté gratuite, je les accepte.

Important : Si vous découvrez dans ces pages un fanart/dessin/image qui vous appartient et qui n'est pas créditée, n'hésitez pas à m'en faire part, je l'enlèverai ou ajouterai le crédit au choix ;)

__--:: Larentia ::--__
Vendredi 14 mars 2008
Suite à un défi sur un forum...
Détails du défi dans défis/Duels (défi ouvert)

Le roi

Je sens le chaos autours de moi, des lances qui me frôlent, des flèches qui sifflent au-dessus de ma tête, des haches qui tranchent dans la chair puis se redressent à nouveau, dotées cette fois d’une couleur pourpre qui tranche de manière trop brutale avec le fond bleu du ciel. Je n’entends plus rien, tant le bruit est immense, et ma tête se met à tourner. Je me sens plonger, je me sens partir, tout est calme à présent. Je perçois mon sang qui s’écoule de ma plaie en flux irrégulier et j’ouvre les yeux pour avoir une dernière vision de mon pays natal, qui a volé en éclat sous les coups ennemis. Et là, devant moi, se tient un homme que j’ai tant respecté, un homme qui m’a tant donné. C’est pour lui que je suis ici, à présent, chaque goutte de mon sang qui s’écoule dans les veines de la Terre lui appartient. Lui, roi de ce pays qui est le mien, mon roi. Je tends la main, faiblement, même si je sais qu’elle passera au travers de cette merveilleuse illusion pré-mortem. Parce que le roi s’est battu, tout comme moi, et, tout comme moi, le roi n’est plus.

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Le roi suicidaire par suetlilanglz
par Lee publié dans : Ecriture
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Vendredi 14 mars 2008
Début d'une nouvelle que j'écris, pas encore de titre pour l'instant...

Les portes se refermèrent avec un bip strident et le train commença à prendre de la vitesse. Traînant une petite valise noire derrière elle, Kassandra se faufila à travers deux wagons avant d’enfin arriver au compartiment des premières classes. Avec un soupir de soulagement, elle se laissa tomber sur un siège confortable et ferma les yeux un instant. Après la chaleur torride de l’extérieur, la fraîcheur de l’air climatisé lui fit le plus grand bien. Sa chemise bleu pâle lui collait à la peau, mais elle s’en déferait plus tard. Elle entendait le bruit régulier des roues du train sur les raccordement (tac tac… tac tac…) mais c’était bien plus supportable maintenant, que dans les compartiments de deuxième classe, non insonorisés. Son mal de tête n’avait fait qu’empirer depuis le matin, malgré les médicaments qu’elle avait avalés. Elle n’avait pas envie de rentrer chez elle. Sa vie ne valait la peine qu’une fois hors de son foyer. Enfin, si on pouvait appeler ça un foyer ! La personne qui partageait sa vie semblait là pour rester. Elle avait bien essayé de le mettre dehors, mais rien ne semblait y faire. Elle finirait par partir, loin de tout ceci, et s’installer ailleurs. Tant pis pour le boulot. Tant pis pour la maison. Tant mieux pour elle. Elle avala un comprimé d’aspirine supplémentaire, grimaçant au goût horrible. Elle n’avait pas d’eau sur elle pour le faire passer. Elle éteignit son téléphone portable qui venait de sonner. « Si je lui répond, je l’étripe » murmura-t-elle. Instinctivement, elle porta une main à ses lèvres et se mit à se ronger les ongles. L’habitude était venue depuis qu’ils habitaient ensemble, pour éviter de s’énerver, elle passait sa colère sur autre chose. Ses ongles par exemple.

— Oh, mais c’est Kassie !

Elle ouvrit les yeux à l’annonce de son prénom. Elle connaissait cette voix, si douce, qui faisait toujours remonter en elle une foule de sentiments plus forts les uns que les autres. Un sourire s’étala sur son visage quand elle découvrit le garçon planté devant elle. Grand, mince, les cheveux très courts et habillé comme toujours avec élégance, il se baissa pour la saluer.

— Will ! Ca fait plaisir d’avoir enfin le même train que toi !

Le garçon l’étreignit brièvement avant de s’asseoir en face d’elle. Elle apprécia à sa juste valeur le contact de ses mains froides sur sa peau à elle, toujours chaude. Comme il lui avait manqué ! Ils se voyaient de moins en moins, à mesure que leurs boulots respectifs se faisaient plus contraignants.

Ils parlèrent de tout et de rien, alors que le paysage plat et morne défilait sous leurs yeux. Elle lui parla de son travail et de ses voyages, des tests qu’elle réalisait dans le secteur touristique. Elle lui raconta ses derniers déboires avec son copain, et comment, au lieu de s’améliorer, la situation ne faisait qu’empirer. Elle l’avait aimé, il y a longtemps, mais c’était loin. Et à présent, la routine les avait englobés, sournoise, et sans retour. Lui, lui parla de sa vie trop monotone et de ses envies de voyager – pour longtemps si possible – et de voir du pays.

Kassandra sourit. Décidemment, ils étaient pareils tous les deux. Elle se rappela quand ils avaient encore le temps de sortir, combien ils étaient toujours ensemble tous les deux et combien elle appréciait sa présence. Mais c’était encore une fois leur vie qui avait prit le dessus. Elle s’était déroulée comme un tapis, sans fin, qui roule toujours plus vite… Plus vite… comme ce paysage à travers la fenêtre du train… Très vite… Beaucoup trop vite !

— Qu’est ce qu’il y a ? demanda Will en voyant la jeune fille, les sourcils froncés, qui regardait par la vitre avec insistance.
— Tu ne trouves pas qu’on roule un peu vite ? demanda-t-elle.

Il observa à son tour les arbres qui filaient à toute allure derrière le carreau. Effectivement, ils roulaient vite ! D’ailleurs, le train de commençait-il pas à trembler légèrement ? Ou était-ce son imagination ? Une secousse plus forte lui confirma que non, son cerveau ne lui jouait pas des tours. Il croisa le regard apeuré de la jeune fille et voulut la rassurer, mais avant qu’aucun son n’ait franchit le bout de ses lèvres, un choc plus violent encore envoya la jeune fille par terre et plongea le compartiment dans le noir. Elle poussa un cri de peur et de douleur mêlées en atterrissant –très mal – sur la hanche. Will la trouva à tâtons et l’aida à se rasseoir près de lui. Le bruit était assourdissant. Elle avait l’impression que ses tympans allaient exploser. Elle devait probablement saigner du nez et elle porta machinalement la main à son visage, mais ses doigts n’y rencontrèrent rien qui ressemblait à du sang. Le train se mit à tanguer tellement qu’ils crurent qu’il allait se renverser, mais il tint bon. Soudain, les lampes clignotèrent puis, après quelques tentatives incertaines, se rallumèrent pour de bon. Le train sembla moins cahoter et finit par se stabiliser. Kassandra regarda avec des yeux ronds autours d’elle. Ils avaient de nouveau repris leur rythme de croisière, le train ne semblait pas vouloir s’arrêter. En dehors de quelques papiers éparpillés sur le sol, le wagon semblait n’avoir eu aucun dommage. Comme si rien ne s’était vraiment produit, pensa Will. Une voix agréable dans les haut-parleurs leur annonça qu’ils étaient arrivés à destination.
La Société des Chemins de Fer vous prie de bien vouloir l’excuser pour avoir perdu plusieurs wagons durant le voyage. N’oubliez pas de vérifier que vous n’avez rien oublié dans le train. Bonne journée !

Les deux jeunes gens se regardaient, les yeux ronds. Une farce, probablement. Kassandra partit d’un petit rire qui s’éteignit aussi vite, alors qu’ils entraient en gare. Les bâtiments étaient encore debout, mais des herbes folles envahissaient chaque recoin. La plupart des vitres étaient brisées, les morceaux déjà éparpillés au loin. Des oiseaux qui s’étaient envolés à l’arrivée bruyante du train volaient bas et cherchaient un endroit où se poser. Des oiseaux qui ressemblaient étrangement à des corbeaux mais qui étaient aussi gros que des aigles. Elle ne parvenait pas à se lever, ses jambes refusaient de la porter dans ce monde sauvage. Ce fut Will qui la prit doucement par le bras, la rassurant d’une voix à peine audible, et elle le suivit finalement. Une fois hors du train, les portes se refermèrent et l’engin se remit en route pour on ne sait où. Ils restèrent là, stupides et bouche bée, à observer la scène devant eux. Une cannette de cola rouillée roula en tintant devant leurs pieds. Des feuilles d’un journal de publicité volaient au ras du sol. Les corbeaux (mais étaient-ce bien des corbeaux ?) criaient à l’intention des perturbateurs. Le plus choquant fut sans conteste le silence qui régnait dans ces lieux. Bien sur, il y avait le bruit doux du vent, les murmurent des petits oiseaux (mais où étaient-ils ?), les croassements des plus gros, les froissements et craquements des bâtiments et des objets qui jonchaient le sol. Mais dans le ciel, le silence. Même si au fond d’eux ils avaient compris, leur cerveau mit néanmoins un certain temps à l’admettre : les bruits qui manquaient étaient ceux de la « vie courante », voitures, avions, électricité, cris et musique. Ici, il ne semblait rien y avoir. Prenant une grande inspiration, Kassandra s’avança, suivie de près par Will. Ils firent quelques mètres droit devant eux, mais n’apprirent rien de nouveau des ruines de l’édifice qui leur faisait face. Depuis combien de temps était-ce dans cet état ? Will soupira bruyamment et Kassandra se retourna, le découvrant un téléphone portable à la main et l’air dépité.

- Aucun réseau, dit-il. Rien, par même pour une urgence.

- On va bien trouver quelque chose, répondit la jeune fille sans trop y croire. On n’a qu’à avancer et il y aura bien une ville sur le chemin, ou un village, ou que sais-je.

Elle se tourna vers les rails qui étiraient leur ombre dans la lumière déclinante du soleil du soir. Elle doutait qu’un train repasse par ici. Quelqu’eut été le phénomène qui les avaient conduit dans cet endroit, il ne se reproduirait pas. Elle sortit le reste de sa bouteille d’eau de son sac et but avec parcimonie, puis la tendit à Will. Il semblait plus hébété qu’elle, passé le choc initial. Finalement, ils se mirent en route, suivant le tracé sinueux d’une voie de circulation à moitié effacée par Dame Nature qui avait repris ses droits. Le soleil baissait, mais pas les températures, et ils furent vite hors d’haleine et morts de soif. Ils firent halte environ deux kilomètres plus loin, prenant deux énormes rochers comme sièges de fortune. Le silence régnait toujours en maître, si ce n’étaient ces foutus corbeaux qui semblaient les suivre. Ils volaient en cercle au-dessus de leur tête, comme une augure peu enviable.

- Où va-t-on ? murmura Will.

La jeune fille ne répondit pas. Elle scrutait la route qui s’étirait et s’étirait encore, poussiéreuse et morne. Elle s’était attendue à apercevoir des maisons, ou tout du moins un signe de vie, mais rien ne venait troubler cet étrange paysage. La peur la prit soudain avec violence, l’impact de réaliser dans quelle situation ils se trouvaient. Elle lâcha le bâton qu’elle avait ramassé et il tomba au sol en émettant un bruit creux. Elle tomba à genoux sur le sol, un peu de sang perlant là où la peau avait rencontré un caillou. Elle ne prit conscience qu’elle criait que quand sa tête lui fit mal, au bout de plusieurs minutes. Will était accroupi près d’elle, tentant de le tenir les mains. « Pourquoi fait-il cela ? » se demanda-t-elle hébétée, avant de se rendre compte qu’elle se grattait le visage à sang. Elle avait mordu violemment sa lèvre inférieur et le goût métallique du sang et de la terre mêlés emplit sa bouche. Enfin, ses tremblements se calmèrent et elle put respirer plus librement. Elle leva les yeux et vit le jeune homme près d’elle, résistant de toutes ses forces pour ne pas céder à la panique lui aussi. Quelle heure pouvait-il bien être ? Il faisait sombre. Elle tomba lourdement sur le sol, inconsciente.

par Lee publié dans : Ecriture
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Mardi 20 novembre 2007
Je tombe
Sans fin
Sans début
Sans futur
Sans présent
Je tombe

Comme engloutie par le monde
Je tombe
Comme prise au piège dans ma tombe
Je tombe

Je tombe encore
Plus bas
Ou plus haut
Je ne sais pas

Ca semble long
Mais c’est peut-être court
Peut-être quelques secondes
Peut-être des mois, des jours

Je tombe
Dans cette brèche de ma vie
J’y coule à pieds joints
Sans bouée de survie

Je vais sûrement arriver
Même si je ne sais pas où
Même les yeux fermés
Même le cœur sens dessus dessous

Je tombe je tombe je tombe
Plus rien ne compte
Je tombe

L’été est passé l’hiver est fini
Printemps et automne définitivement partis
Et moi je tombe

Tout est blanc tout est noir
Tout est jour tout est soir
Tout vient si vite et repart
Et moi je tombe

Je tombe
Ou je crois que je tombe
Ou je crois que je crois
Ou je n’existe pas

13/10/2006

--falling--.jpg
par Lee publié dans : Ecriture
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Mardi 20 novembre 2007
An alexandrins pour un défi ;)

L'abeille

Elle vole au-dessus d’une étendue de champs blonds
Qui semblent prendre vie sous le soleil du soir
Sachant qu’elle s’approche là de sa destination
Et que jusqu’à demain elle n’ira plus nulle part

Son manteau noir et or scintille de mille feux
Alors qu’elle rentre enfin chargée d’un lourd fardeau
Elle n’en est pas moins fière car elle fait de son mieux
Pour ramener à la ruche chaque jour un cadeau

Le matin trouve l’abeille, cette reine des merveilles
En train de butiner des fleurs multicolores
Et transforme sans pareille du pollen en doux miel
Et  le monde s’émerveille devant ce rare trésor.

Lee - août 2007

Macro-bee-2-by-PhoenixXx69.jpgPhoto de PhoenixXx69
par Lee publié dans : Ecriture
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Mardi 20 novembre 2007

La brume s’éclaircit doucement et laisse
Après la tempête et le mauvais temps
Un doux parfum humide qui paresse
Au-dessus du ciel encore un instant

La vie recommence à courir de-ci de-là
Reprenant ses droit
Ravivant ses joies et ses peines
Rallumant un feu qui s’éteignait à peine

Soudain c’est une explosion de couleurs,
D’eau, de feu, de cris, de bonheur
Chacun ici savoure sa place
Chérit cette vie qui si vite passe

Puis la nuit tombe et, de nouveau,
Le silence règne en maître
Sur ces terres et cette eau
Si calmes, si traîtres

Le jour viendra encore
Puis la nuit une fois de plus
Le monde tourne encore
Le monde qui n’en finit plus

-- Juin 2007 --

Storm-by-Bokor.jpg
Art de Bokor
par Lee publié dans : Ecriture
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Mardi 20 novembre 2007

Je peux encore sentir le goût de ta peau sur mes lèvres, alors que tu es déjà hors de vue depuis plusieurs heures. Je suis toujours là, seule, plantée au milieu de cette plaine venteuse, à attendre d’une manière désespérée et presque hystérique de te voir réapparaître sur le rebord trop lisse de l’horizon. La dernière vision que j’ai de toi est celle d’un homme vieux, fatigué, trop fatigué pour faire ce qu’il a à faire, mais trop têtu pour abandonner, alors que tu me tournais le dos et que, sans un mot d’adieu, tu sortais de ma vie. Cette fois, pas de porte à franchir, pas de mot de passe, pas de code secret, pas de panique, pas de course contre le temps. Cette fois, ce n’est pas le destin qui nous disperse comme il affectionne tant de le faire, cette fois, c’est toi qui t’en vas. Pour la dernière fois, tu t’en vas.

Je finis par m’asseoir sur le sol sableux de cette terre dévastée. Je suis ici pour toi, après tout, alors je n’ai plus rien à y faire. C’est toi qui m’as emportée dans ce monde sans retour. Non, pas emportée ; tu m’y as attirée, tirée même. Sortie de mon élément et plongée dans celui-ci. On ne peut pas dire que j’étais bien avant, j’avais le mal du monde dans lequel je vivais. Je n’étais jamais vraiment moi-même, sachant que j’attendais quelque chose, mais sans savoir quoi. Ou qui. Quand tu m’as trouvée, j’étais perdue. Dépressive. Violente. Hors de contrôle. Déracinée. Tout cela parait si loin à présent. Si dérisoire. Tu as simplement tendu la main, une de tes si jolies mains, avec des doigts très fins. J’ai pensé que tu devais être artiste, probablement musicien avec de si beaux doigts. Rien ne me préparait à croire que ton instrument était un pistolet, vieux comme le monde, vieux comme tous les mondes.

Le vent souffle toujours plus fort, je le sens qui pousse le froid jusqu’au fond de moi, ce froid qui semble sceller un pacte de non-retour. Il s’insinue dans ma chair, glisse le long de ma peau, et pénètre au fond de moi jusqu’à la moelle. Nous ne sommes plus si loin. Enfin toi, tu n’es plus si loin. Je ne suis plus de la partie à présent. Tu veux continuer seul. Tu dois être tellement proche d’elle, de celle qui hante tes rêves tout comme tes cauchemars. Tu as rêvé d’elle. Tu as trahi pour elle. Tu as tué pour elle. Nous avons tous tué pour elle. Juste pour la voir. Juste pour savoir qu’on la trouverait et pour nous prouver à nous-même qu’elle existe bel et bien et qu’elle est toujours debout. Mais tu as fait tellement plus de route que nous. Tu as été si loin, et tu venais déjà de si loin. Pour nous, ce n’était qu’un bout de chemin que l’on a tracé avec toi. C’était si insignifiant. Je suis la dernière. Je suis seule et je te maudis de m’avoir laissée alors que nous pouvions y arriver. Pour ma sécurité ? Foutaises ! Simplement parce que tu es le seul à devoir aller jusque là, il était écrit que c’était toi qui devait y parvenir, toi qui devait y monter et toi qui devait y régner. Pas une pauvre fille comme moi, aussi habile que je sois devenue, aussi douée avec des pistolets que je sois, aussi prise par la passion de la quête que j’ai pu l’être. Ce n’était pas à moi d’aller jusqu’au bout. Et puisque je ne suis pas morte en chemin, puisque la clairière au bout du sentier n’a pas voulu de moi si tôt, et bien tu m’as abandonnée.

Je me souviens de cette journée pluvieuse qui avait suivi notre plus gros combat, celui à La Route. Je peux encore, quand je ferme les yeux, te voir, droit et fier, au centre du village, cerné d’ennemis mais entouré d’amis, le pistolet bien appuyé sur ton épaule, tes tirs si rapides que l’œil ne pouvait que constater les dégats, après coup, et tirer les conclusions nécessaires. Tes yeux bleus, perçants, qui visualisaient trop bien la scène où nos pauvres ennemis n’auraient jamais du croiser ton chemin. Parce qu’avec toi, il n’y a jamais de deuxième chance. Pas de repentir, pas d’excuses, pas d’hésitations. L’odeur du sol mouillé emplissait mes narines, alors que je visais bien plus avec mon instinct qu’avec mes yeux, brouillés qu’ils étaient par la pluie mêlée à la fumée de nos armes. Mais toi, je te voyais. Tu ne vis que pour ça : te battre et parvenir enfin à tes fins. A force de te côtoyer, nous avons nous aussi finit par ne vivre que pour ça. Pour sentir le moment où c’est son corps qui prend le contrôle et que l’on n’est plus qu’un simple spectateur de ses actes. Nous sommes devenus des prolongations de toi. Cependant, là où nous pensions être indispensables, nous étions tout juste utiles. Ils sont morts pour toi, pour te porter plus haut, pour te mener plus loin dans ta quête. J’aurais voulu mourir pour toi. Je pourrais mourir pour toi. Donner ma vie, si peu intéressante et si fade contre la tienne, si riche et si colorée. Mais le hasard, le destin, ou quoi que ce soit, ne m’en a pas laissé l’occasion.

Je suis toujours là, assise sur le sol dur, et je sens le noir qui me grignote, la folie qui s’approche dangereusement. Oh bien sur, certains diront que j’aurais simplement du te suivre, que probablement tu voulais me protéger des choses que l’on pourrait rencontrer là-bas, lugubres, dangereuses, mortelles. Mais il n’en est rien. Je ne t’aurais pas suivi de toute façon. Je suis absolument incapable de contester un ordre venant de toi, sauf lorsque tu plaisantes. Et nous étions à des lieues de la blague. Tu n’as jamais été aussi sérieux que lorsque tu m’as dit : « Suze, je continue seul. Ce chemin n’est pas le tien. » Rien d’autre, pas de merci, pas d’au revoir. Pas d’embrassades. Je me suis penchée, j’ai déposé un baiser sur le coin de tes lèvres et tu as tourné les talons. Comme ça. En m’oubliant dans les ténèbres de l’éternité.

Je pensais que je pouvais t’accompagner, après avoir tout donné, et après avoir tout perdu, je pensais avoir gagné –chèrement — le droit de la voir moi aussi. Mais non. Je pensais que tu avais appris à m’aimer, malgré ton air détaché et ta vie sans collier. Je pensais que tu accepterais ma compagnie, ayant perdu tant d’amis au cours de cette longue route. Je pensais que tu serais moins égoïste et plus humain que celui que j’ai embrassé quelques heures auparavant. Celui qui m’a laissé sans un mot. Celui qui pensais que j’ai été d’une grande aide, mais que ma route est terminée désormais. Celui que je pensais connaître, mais que finalement, je découvre aujourd’hui seulement…Je sais ce que tu es, je sas ce que tu as fait, je sais ce que tu veux, ce que tu aimes, ce que tu détestes, je connais tes goûts et tes passions, mais il y a une chose que tu dois me dire, mon amour : qui es-tu vraiment ?
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par Lee publié dans : Ecriture
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Mardi 20 novembre 2007
Je suis assise, immobile, les jambes se balançant dans le vide, la tête rabattue en arrière, les cheveux au vent, les yeux clos. Je perçois toute chose avec une acuité toute nouvelle. Je sens. Je sens le vent, tiède et légèrement salé qui caresse mon visage avec douceur. Je sais qu'il forcera d'ici ce soir, ils annonçaient une tempête à la radio quand je l'ai allumée ce matin. Mais pour le moment, rien ne vient troubler le calme de cette douce après-midi. Je sens l'herbe sous moi, fraîche et longue. Je sens mon pendentif qui chauffe au soleil. J'entends. J'entends la mélodie du vent qui va cogner contre les rochers. J'entends les vagues qui s'écrasent en contrebas de la falaise. J'entends des mouettes qui crient, sans doute en train de se disputer un butin chèrement gagné. Un frisson me parcourre. La journée est si belle, c'est comme si Dieu s'amusait de mon malheur et me prouvait, une fois de plus, que le monde continue de tourner, même si mon esprit se perd, même si mon coeur est déchiré, même si la mélodie de mon âme est discordante. Et mes cris se perdraient dans l'écho de la falaise, si seulement je pouvais trouver les mots pour exprimer ma tristesse, ma colère, mon désarroi.

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par Lee publié dans : Ecriture
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Mercredi 12 septembre 2007
Voici les paroles d'une chanson écrite pour quelqu'un. Elle est loin d'etre finie, mais c'est un début ;)

Je me heurte à une porte de plus
Que je ne peux franchir
Que je ne peux ouvrir

Ce n'est qu'un faux-pas de plus
Un faux-semblant
Pour perdre son temps

Ca n'allait pas si mal pourtant
Seul, sans toi, sans personne autours de moi
Je m'en sortait pourtant
Au loin au loin je regardais
Au loin au loin
Parce qu'ici... il pleuvait
Au loin au loin l'oiseau s'envolait

J'ai tout rassemblé
Pour mieux repousser
Pour mieux m'éloigner

Comme un trésor que l'on garde enfermé
Loin des yeux convoiteurs
Loin des yeux près du coeur


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par Lee publié dans : Ecriture
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Jeudi 6 septembre 2007
Je contemple, fascinée, la lumière qui danse dans ses yeux, alors qu’il me parle d’une chose insignifiante, cette lumière qui brille bien plus fort qu’elle ne devrait, et qui éclaire mon intérieur trop sombre ces derniers jours.
Ses mots ne sont pas importants, pas maintenant, pas tout de suite, ses phrases n’ont pas d’autre but que d’allonger la conversation confortable entre nous, allonger le peu de temps que nous arrivons à passer ensemble.
La lune s’est levée depuis longtemps déjà, et ses rayons blafards atterrissent à nos pieds pour rebondir en s’effaçant plus haut, illuminant juste ce qu’il faut nos chaises en bois.
La cour dans laquelle nous sommes installés est petite mais agréable, tournant le dos à la maison de vacances et faisant face fièrement à une petite vallée verdoyante qui prend fin à la lisière d’un bois de sapins.
Sans doute, une petite rivière doit couler en contrebas, comme partout dans cette région du pays, mais nous sommes trop loin pour en entendre le murmure et il fait trop sombre pour distinguer quoi que ce soit.
Je laisse mon regard se perdre vers le noir et déjà je sens le froid qui s’installe en moi, très vite, trop vite.
Cela ne devrait pas être comme cela, mais qui s’en soucie à présent ?
Mes yeux replongent dans les siens, et j’ai chaud à nouveau, je vis à nouveau.
Seul lui peut me faire vivre encore.

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par Lee publié dans : Ecriture
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